La réception est l'acte par lequel vous acceptez l'ouvrage, avec ou sans réserves. Elle est écrite, datée, signée, et elle fait courir les garanties : parfait achèvement pendant un an, garantie biennale sur les équipements dissociables pendant deux ans, décennale pendant dix ans. Sur un chantier où chaque entreprise contracte directement avec vous, elle se prononce avec chacune d'elles, lot par lot, et non par une signature globale en fin de travaux.

La préparation commence bien avant la visite. Relire le devis signé et ses avenants, rassembler les plans et les décisions prises en cours de chantier, et tenir depuis le premier jour une liste des points restés ouverts : c'est cette liste, et non la mémoire, qui évite d'en découvrir douze le jour J. La visite se fait de préférence à la lumière du jour, protections retirées et matériel replié, en testant réellement les équipements — ouvrants, robinetterie, écoulements, prises, éclairages, ventilation, chauffage. Les finitions se regardent sous plusieurs angles, en lumière rasante : c'est ainsi qu'apparaissent les défauts d'alignement, les reprises d'enduit et les manques de peinture.

Une réserve utile décrit un emplacement et un défaut. « Rayure sur le montant droit du placard de la chambre 2, à hauteur de poignée » se lève ; « peinture à revoir » se discute pendant des mois. Chaque réserve gagne à être photographiée et assortie d'un délai de levée convenu par écrit. Il faut aussi distinguer la réserve de ce qui n'a jamais été commandé : un poste absent du devis n'est pas un défaut, c'est un avenant. Enfin, la réception est le bon moment pour récupérer ce qui devient introuvable ensuite — notices et garanties des équipements, références des matériaux et des teintes, attestations d'assurance des entreprises, et les photos des ouvrages prises avant fermeture des murs.



