L'ordre d'intervention des lots suit une règle simple : on descend du plus destructif vers le plus fragile, et on ne referme jamais un ouvrage avant que ce qui doit passer dedans soit posé. Une rénovation complète qui dérape ne dérape que rarement sur la technique — elle dérape sur l'enchaînement. Une cloison fermée trop tôt, un carrelage posé avant qu'une évacuation soit arrêtée, une cuisine choisie après le passage du plombier coûtent chacun une reprise que personne n'avait chiffrée.

La séquence commence par les études et les repérages : relevé de l'existant, diagnostics, et repérage amiante avant travaux dans les bâtiments concernés. Viennent ensuite l'installation de chantier et les protections, puis la démolition et les déposes, la structure — ouvertures, reprises de charge, étaiement —, et la mise hors d'eau et hors d'air lorsque l'enveloppe est touchée. Les réseaux suivent : évacuations, alimentations, électricité, ventilation, chauffage. C'est seulement là que l'on referme, avec l'isolation, les doublages, les cloisons et les plafonds. Arrivent alors les chapes et ragréages, l'étanchéité des pièces humides, le carrelage, les enduits et sous-couches, puis les menuiseries intérieures, la cuisine, les sanitaires et l'appareillage. Sols fragiles, peintures de finition et plinthes ferment la marche, avant nettoyage, mise en service et réception.

Ce qui casse cet ordre se décide presque toujours en amont, pas sur le chantier. Le plan de cuisine et le calepinage de la salle de bain doivent être arrêtés avant le passage des réseaux, faute de quoi on repique dans des murs déjà fermés. Les commandes à long délai — menuiseries sur mesure, cuisine, carrelage, appareils — se lancent bien avant leur date de pose. Et certains temps ne se compriment pas : séchage d'une chape, séchage d'un enduit, instruction d'une autorisation. Tenir un planning consiste moins à presser les entreprises qu'à tenir ces jalons-là, en gardant l'interface entre des entreprises qui contractent chacune directement avec vous.



